
La rénovation électrique d’une salle de bains représente l’un des défis les plus techniques et réglementés de l’habitat moderne. Cette pièce humide, où l’eau et l’électricité coexistent quotidiennement, exige une approche particulièrement rigoureuse pour garantir la sécurité des occupants. Avec l’évolution des équipements sanitaires et des technologies d’éclairage, les installations électriques doivent désormais répondre à des besoins croissants tout en respectant des normes de sécurité drastiques. L’intervention d’un professionnel qualifié s’avère indispensable pour mener à bien ce type de projet, car les enjeux dépassent largement le simple confort d’utilisation.
Normes électriques NF C 15-100 spécifiques aux salles de bains
La norme NF C 15-100 constitue le référentiel incontournable pour toute installation électrique en France, mais elle revêt une importance particulière dans les salles de bains. Cette réglementation définit précisément les conditions de sécurité électrique dans les locaux contenant une baignoire ou une douche. Elle s’applique aussi bien aux constructions neuves qu’aux rénovations d’installations existantes, imposant des contraintes strictes sur l’implantation des équipements électriques.
La sécurité électrique dans les salles de bains ne souffre aucune approximation : chaque élément installé doit respecter scrupuleusement les prescriptions normatives pour éviter tout risque d’électrocution.
Cette norme évolue régulièrement pour intégrer les nouvelles technologies et améliorer la protection des utilisateurs. La dernière révision a notamment renforcé les exigences concernant les dispositifs de protection différentielle et précisé les modalités d’installation des équipements connectés. Les professionnels doivent donc se tenir constamment informés de ces évolutions pour garantir la conformité de leurs interventions.
Volume de protection 0, 1 et 2 selon la réglementation française
La norme NF C 15-100 divise l’espace d’une salle de bains en plusieurs volumes de protection, chacun correspondant à un niveau de risque spécifique. Cette classification détermine les types d’équipements électriques autorisés dans chaque zone. Le volume 0 correspond à l’intérieur de la baignoire ou du receveur de douche, où aucun équipement électrique n’est autorisé, à l’exception des appareils fonctionnant en très basse tension de sécurité (TBTS) de 12 volts maximum.
Le volume 1 s’étend verticalement du fond de la baignoire ou du receveur jusqu’à une hauteur de 2,25 mètres, et horizontalement sur la surface délimitée par les bords extérieurs. Dans cette zone, seuls les équipements de classe II avec un indice de protection IPX5 minimum peuvent être installés. Cela inclut notamment les chauffe-eau instantanés ou à accumulation, sous certaines conditions spécifiques d’installation.
Le volume 2 englobe une zone de 60 centimètres autour du volume 1, sur une hauteur de 3 mètres. Les équipements de classe I et II avec un indice IPX4 y sont autorisés, permettant l’installation d’éclairages, d’appareils de chauffage et même de prises rasoir spécifiques. Au-delà de ces volumes réglementés, la zone « hors volume » autorise tous types d’équipements, mais nécessite toujours le respect des règles de sécurité
, notamment en matière de mise à la terre et de choix de matériels adaptés aux locaux humides.
Indice de protection IP44 minimum pour les équipements électriques
Au-delà de la notion de volumes de protection, la norme NF C 15-100 impose des indices de protection (IP) adaptés à l’exposition à l’eau. En salle de bains, l’indice de protection IP44 minimum est généralement requis pour les luminaires et appareillages situés à proximité des zones de projection d’eau. Cet indice garantit une protection contre les corps solides supérieurs à 1 mm et contre les projections d’eau venant de toutes les directions, ce qui est indispensable dans une pièce où les éclaboussures sont fréquentes.
Dans les volumes 1 et 2, les exigences se renforcent : on parle alors d’IPX4, IPX5 voire IPX7 selon la proximité avec la baignoire ou la douche. Concrètement, cela signifie que vous ne pouvez pas installer un simple plafonnier de chambre dans votre salle d’eau, même s’il vous semble bien isolé. Les fabricants précisent systématiquement l’indice IP sur l’emballage des spots, appliques, miroirs lumineux ou sèche-serviettes, ce qui permet de vérifier en un coup d’œil la compatibilité avec la salle de bains.
En zone hors volume, l’IP44 n’est pas légalement obligatoire, mais il reste vivement recommandé pour garantir la durabilité des équipements et limiter les risques liés à la condensation. Vous l’aurez compris : choisir un matériel électrique adapté n’est pas seulement une question de confort, c’est un véritable enjeu de sécurité. En cas de doute, un électricien qualifié saura vous orienter vers les bonnes références en fonction de la configuration de votre pièce.
Liaison équipotentielle supplémentaire obligatoire
Autre pilier de la sécurité électrique en salle de bains : la liaison équipotentielle supplémentaire. Elle consiste à relier entre eux, et à la terre, tous les éléments conducteurs de la salle d’eau : canalisations d’eau chaude et d’eau froide, conduites de chauffage, éléments métalliques de la baignoire ou de la douche, châssis de fenêtre métallique, etc. L’objectif est simple : éviter qu’une différence de potentiel dangereuse ne puisse apparaître entre deux éléments que vous pourriez toucher simultanément, pieds nus et souvent mouillés.
Dans une rénovation, cette liaison équipotentielle est parfois absente ou réalisée de manière partielle, surtout dans les installations anciennes. Sa mise à niveau est pourtant obligatoire et doit être vérifiée systématiquement lors de la réfection des circuits d’électricité de votre salle de bains. Les conducteurs utilisés sont généralement de section 2,5 mm² protégés mécaniquement, ou 4 mm² nus, raccordés au bornier de terre via un circuit clairement identifié sur le tableau électrique.
On peut comparer la liaison équipotentielle à une mise à niveau du sol dans une pièce : vous éliminez les “marches” dangereuses de tension entre les masses métalliques, pour que tout soit au même potentiel électrique. Sans elle, même un petit défaut d’isolement peut se transformer en choc sérieux. C’est pourquoi il est fortement déconseillé de toucher à la plomberie ou de remplacer un radiateur sans vérifier que ces éléments restent bien inclus dans la boucle d’équipotentialité.
Protection différentielle 30ma haute sensibilité
Enfin, la norme NF C 15-100 impose la présence d’une protection différentielle 30 mA haute sensibilité pour les circuits alimentant une salle de bains. Cet interrupteur différentiel, installé dans votre tableau électrique, compare en permanence le courant qui entre et celui qui sort du circuit. Au moindre déséquilibre, signe d’une fuite de courant vers la terre (et donc potentiellement vers une personne), il coupe instantanément l’alimentation.
Pour une salle d’eau, la valeur de 30 mA n’a pas été choisie au hasard : elle permet de limiter la durée et l’intensité d’un éventuel choc électrique à un seuil généralement non mortel pour un adulte en bonne santé. En pratique, tous les circuits desservant la salle de bains (éclairage, prises, chauffe-eau, VMC, sèche-serviettes) doivent être protégés par un ou plusieurs interrupteurs différentiels de ce calibre, de type AC ou A selon la nature des récepteurs.
Dans un projet de rénovation complète, il est souvent pertinent de profiter de la réfection des circuits de la salle de bains pour réorganiser l’ensemble du tableau : répartition des circuits sous plusieurs différentiels 30 mA, ajout de disjoncteurs adaptés, repérage clair des lignes. Vous gagnez en sécurité, mais aussi en confort d’utilisation : en cas de défaut sur un appareil de salle d’eau, ce ne sera plus toute la maison qui se retrouvera dans le noir.
Diagnostic et démontage de l’installation électrique existante
Avant de refaire les circuits d’électricité de votre salle de bains, un diagnostic précis de l’installation existante s’impose. Cette étape permet d’identifier les câbles réutilisables, les éléments à déposer et les éventuelles non-conformités vis-à-vis de la norme NF C 15-100. Elle conditionne aussi le devis global de la rénovation électrique, puisqu’un circuit partiellement réutilisable ne demandera pas le même budget qu’un remplacement complet.
Le diagnostic se déroule toujours hors tension, après coupure au disjoncteur de branchement et vérification d’absence de courant avec un VAT (Vérificateur d’Absence de Tension). Un professionnel va ensuite analyser le cheminement des circuits, l’état des gaines, la présence de conducteurs de terre, ainsi que le calibre et le type des protections au tableau. C’est également à ce moment-là que l’on repère les éventuelles dérivations sauvages ou rallonges improvisées, encore trop fréquentes dans les vieilles salles d’eau.
Test de continuité des circuits avec multimètre fluke 117
Pour vérifier la qualité des liaisons entre les différents points d’un circuit (prises, luminaires, boîtes de dérivation), l’électricien utilise un multimètre de référence, comme le Fluke 117. En mode ohmmètre, cet appareil permet de tester la continuité des conducteurs de phase, de neutre et de terre. Un résultat cohérent confirme que le câble est intact, sans coupure ni résistance anormale, ce qui peut autoriser sa réutilisation dans le cadre de la nouvelle installation.
Ce test de continuité est particulièrement important pour la liaison équipotentielle supplémentaire et pour le conducteur de protection (PE). En effet, une terre interrompue ou mal serrée mettrait en péril l’efficacité de la protection différentielle 30 mA. Grâce au Fluke 117, il est possible de vérifier rapidement si les connexions existantes tiennent encore la route ou s’il faut les reprendre complètement.
On peut comparer cette étape à un contrôle de structure avant rénovation d’un bâtiment : inutile de repeindre et d’aménager si les fondations sont fissurées. De la même manière, refaire les appareillages de votre salle de bains sans valider la continuité des circuits serait un investissement à risque. D’où l’intérêt de confier ces mesures à un professionnel équipé et formé.
Vérification de l’isolement des conducteurs anciens
Au-delà de la continuité, il est essentiel de contrôler l’isolement des conducteurs anciens, surtout dans les logements datant de plusieurs décennies. Avec le temps, les gaines peuvent se craqueler, les isolants devenir cassants, et l’humidité de la salle de bains accentuer ces phénomènes. Un mégohmmètre est alors utilisé pour injecter une tension de test et mesurer la résistance d’isolement entre conducteurs et vers la terre.
Une valeur trop faible indique une fuite de courant potentielle, voire un risque de court-circuit, en particulier lorsque la condensation ou une fuite d’eau viennent s’ajouter au problème. Dans ce cas, la seule solution réellement sécurisée consiste à déposer les anciens câbles et à tirer de nouvelles lignes en respectant les sections prescrites pour la puissance appelée. Cela concerne souvent les anciens circuits en 1,5 mm² surchargés par des appareils modernes gourmands en énergie.
Ce contrôle d’isolement est l’une des étapes qui distinguent une rénovation sérieuse d’un simple rafistolage. Même si vous ne verrez jamais la différence une fois les murs refermés, votre sécurité quotidienne en dépend. C’est un peu comme vérifier l’état des freins avant de repeindre une voiture : sans cela, le risque est invisible mais bien réel.
Dépose sécurisée des luminaires et prises étanches
Une fois le diagnostic achevé, vient la phase de dépose sécurisée des anciens matériels : luminaires, prises étanches, interrupteurs, boîtes de dérivation. Cette étape ne se résume pas à “tirer sur les fils” : il s’agit de démonter méthodiquement chaque élément, en conservant si possible un repérage des conducteurs (phase, neutre, terre) et des circuits d’origine. Le professionnel commence par les appareillages les plus exposés à l’humidité, souvent déjà oxydés ou jaunis par le temps.
Les anciens blocs de prises encastrés dans des cloisons fragiles ou les faux plafonds de salle de bains demandent parfois des précautions particulières pour éviter d’endommager davantage le bâti. Les boîtes de connexion non étanches situées dans des volumes interdits sont systématiquement supprimées. Les fils dénudés ou domino vétustes sont remplacés par des connexions modernes, souvent via des bornes à ressorts et des boîtes IP65 installées en dehors des volumes à risque.
Vous vous demandez peut-être s’il est possible de conserver un vieux luminaire “qui fonctionne encore très bien” ? Dans la plupart des cas, si son indice de protection est insuffisant ou si son installation n’est pas conforme, il sera préférable (et plus économique à long terme) de le remplacer par un modèle récent adapté aux pièces humides. Là encore, le professionnel vous conseillera sur les priorités à établir.
Identification des circuits sur tableau électrique legrand
Parallèlement aux travaux dans la salle de bains, l’électricien intervient sur le tableau électrique, souvent d’une marque de référence comme Legrand. L’objectif est d’identifier précisément les départs de circuits liés à la salle d’eau : éclairage, prises, alimentation du chauffe-eau, sèche-serviettes, VMC, etc. Cette identification se fait par coupure sélective des disjoncteurs, tests de présence de tension et, si nécessaire, utilisation d’un traceur de câbles.
Une fois les lignes repérées, elles sont clairement étiquetées sur le tableau Legrand : nom de la pièce, fonction du circuit, calibre du disjoncteur, type d’interrupteur différentiel associé. Ce repérage facilite non seulement la rénovation en cours, mais aussi toute future intervention de maintenance ou d’évolution de l’installation. En cas de panne, vous saurez en un coup d’œil quel circuit concerne la salle de bains.
Cette étape est également l’occasion de vérifier la cohérence globale de la protection : un circuit prises de salle d’eau ne doit pas être protégé par un simple 10 A, et un chauffe-eau ne peut pas être alimenté via un disjoncteur sous-dimensionné ou dépourvu de différentiel 30 mA. En résumé, l’identification des circuits sur le tableau Legrand est un passage obligé pour remettre à plat l’architecture électrique avant d’installer de nouveaux équipements.
Conception du nouveau schéma électrique salle de bains
Une fois l’existant analysé et sécurisé, place à la conception du nouveau schéma électrique de la salle de bains. Cette étape de réflexion est fondamentale : elle permet de dimensionner correctement les circuits, de positionner les appareillages au bon endroit et de planifier les réserves nécessaires pour de futurs aménagements. Un schéma clair évite les improvisations sur chantier et garantit une installation lisible pour tout intervenant ultérieur.
Le professionnel va intégrer dans ce schéma l’ensemble des besoins : éclairage général et d’ambiance, miroir lumineux, prise rasoir, prises de confort, alimentation du lave-linge le cas échéant, sèche-serviettes, VMC, voire plancher chauffant électrique. Chaque fonction est associée à un circuit dédié ou partagé, en respectant les limites de puissance, les sections de conducteurs et les règles de sélectivité des protections.
Calcul de section des câbles H07V-U et H07V-R
Le choix des sections de câbles est un point clé pour refaire les circuits d’électricité de votre salle de bains. En fonction de la puissance des appareils et de la longueur des lignes, l’électricien dimensionne les conducteurs H07V-U (conducteurs rigides) ou H07V-R (semi-rigides), généralement posés dans des gaines ICTA. La règle de base issue de la NF C 15-100 prévoit, par exemple, du 1,5 mm² pour l’éclairage (protégé par un disjoncteur 10 A) et du 2,5 mm² pour les prises (protégées par un disjoncteur 16 ou 20 A).
Pour les circuits spécifiques comme un chauffe-eau de 2000 à 3000 W, un sèche-serviettes puissant ou un lave-linge, la section peut être portée à 2,5 mm² ou 4 mm² avec un disjoncteur adapté (20 A ou 32 A). L’électricien tient compte de la longueur de la ligne pour limiter la chute de tension, surtout si le tableau est éloigné de la salle de bains. Les données de calcul sont directement issues des abaques des fabricants et de la norme, ce qui exclut toute approximation.
Vous pouvez voir ce dimensionnement comme le choix du bon diamètre de tuyau pour une installation de plomberie : trop petit, il sature et provoque des pertes ; trop gros, il coûte inutilement cher. Bien calculer la section des câbles H07V-U et H07V-R, c’est trouver l’équilibre entre sécurité, performance et budget, tout en anticipant les évolutions possibles de vos équipements.
Positionnement optimal des boîtes de dérivation étanches
Le positionnement des boîtes de dérivation joue un rôle déterminant dans la fiabilité et la maintenance des circuits d’électricité de votre salle de bains. La norme impose qu’elles soient situées hors volumes de protection, ou à défaut dans des zones protégées, tout en restant accessibles pour un éventuel dépannage. Les modèles utilisés sont des boîtes étanches (IP55 ou IP65) lorsque l’environnement est exposé à la condensation ou aux projections d’eau.
En pratique, ces boîtes sont souvent implantées dans les combles, dans un placard attenant ou dans un faux plafond hors volume, de façon à centraliser les raccordements des luminaires, de la VMC et parfois des prises. L’idée est de limiter au maximum les connexions cachées derrière les appareillages et de privilégier des chemins de câbles clairs et logiques. En cas de modification ultérieure (ajout d’un spot, remplacement d’un miroir lumineux), la présence d’une boîte de dérivation bien pensée facilite grandement le travail.
Ne pas prévoir ces points de regroupement, c’est risquer de se retrouver avec une “toile d’araignée” de fils difficilement repérable derrière les cloisons. En revanche, une implantation réfléchie des boîtes de dérivation étanches contribue à une installation propre, évolutive et durable, en particulier dans une pièce aussi technique que la salle de bains.
Intégration VMC double flux et éclairage LED basse consommation
Les salles de bains modernes ne se contentent plus d’un simple plafonnier et d’un extracteur basique. De plus en plus de projets intègrent une VMC double flux ou, à minima, une VMC hygroréglable pour maîtriser l’humidité et améliorer le confort thermique. Le schéma électrique doit alors prévoir un circuit dédié ou partagé, protégé et sectionné conformément à la puissance de la VMC et aux préconisations du fabricant.
Parallèlement, l’éclairage LED basse consommation s’impose désormais comme la norme dans les salles d’eau : spots encastrés IP65 au-dessus de la douche, rubans LED indirects pour l’ambiance, miroirs rétroéclairés, etc. Ces luminaires consomment peu, dégagent très peu de chaleur et offrent une grande souplesse de design. Ils demandent toutefois une attention particulière quant au placement des transformateurs (toujours hors volumes) et au respect de la TBTS lorsque celle-ci est utilisée.
En intégrant dès la conception la VMC double flux et les éclairages LED, on optimise non seulement la consommation énergétique de la salle de bains, mais aussi son confort au quotidien. Ventilation efficace, lumière adaptée aux différents moments de la journée, réactivité des commandes : autant d’éléments qui transforment une simple pièce d’eau en véritable espace de bien-être.
Planification des circuits prises rasoir et éclairage miroir
La prise rasoir avec transformateur de séparation et l’éclairage de miroir sont deux éléments emblématiques de la salle de bains, mais ils obéissent à des règles bien strictes. La prise rasoir peut être installée en volume 2 à condition d’être équipée d’un transformateur de séparation conforme, souvent intégré dans un boîtier spécifique. Dans les autres cas, toutes les prises 230 V doivent impérativement se situer hors volume, à une distance suffisante des zones de projection d’eau.
L’éclairage de miroir, quant à lui, doit conjuguer sécurité, confort visuel et esthétisme. Il peut être alimenté par un circuit éclairage classique en 1,5 mm², protégé par un disjoncteur 10 A et un interrupteur différentiel 30 mA. Les modèles récents intègrent parfois des fonctions supplémentaires (dégivrage, Bluetooth, variateur tactile) qui imposent de prévoir une alimentation adaptée et, parfois, un volume de réservation dans le mur pour loger les alimentations électroniques.
Planifier ces circuits dès le départ évite les mauvaises surprises au moment de la pose du meuble-vasque ou du miroir. Combien de salles de bains se retrouvent avec un câble apparent ou une prise mal placée faute de réflexion en amont ? En travaillant sur plan, en tenant compte des hauteurs, largeurs de mobilier et volumes de sécurité, on obtient une installation à la fois pratique, esthétique et 100 % conforme.
Installation des nouveaux circuits électriques conformes
Une fois le schéma validé et le matériel choisi, l’électricien peut passer à la mise en œuvre des nouveaux circuits. Les gaines ICTA sont posées dans les cloisons, les faux plafonds ou les chapes en respectant les zones de passage normatives (verticales et horizontales). Les conducteurs H07V-U ou H07V-R sont ensuite tirés jusqu’aux boîtes d’encastrement, boîtes de dérivation et points lumineux, en veillant à respecter les codes couleur : bleu pour le neutre, vert/jaune pour la terre, autre couleur pour la phase.
Les prises de courant sont installées exclusivement hors volume, à au moins 60 cm des baignoires et douches, avec un axe situé à moins de 1,30 m du sol. Les interrupteurs de commande d’éclairage, eux, sont positionnés entre 0,90 m et 1,30 m du sol, généralement à l’entrée de la pièce, de manière à être accessibles sans avoir à pénétrer dans les zones humides. Dans le cas d’une petite salle d’eau, l’électricien joue parfois sur les cloisons attenantes pour gagner quelques centimètres vitaux.
Les luminaires IP44 à IP65 sont fixés et raccordés conformément aux notices, en s’assurant que tous les transformateurs éventuels se situent hors volumes réglementés. Les circuits spécialisés, comme ceux du chauffe-eau, du sèche-serviettes ou du lave-linge, sont raccordés directement au tableau via des lignes dédiées et des disjoncteurs correctement calibrés. Chaque appareil est relié à la terre et, lorsque cela est requis, intégré à la liaison équipotentielle supplémentaire.
La qualité des connexions fait l’objet d’une attention particulière : bornes certifiées, serrage au couple recommandé, absence de fils dénudés à l’extérieur des borniers. Une installation de salle de bains bien réalisée se reconnaît moins à ce que l’on voit (les appareillages en façade) qu’à ce qui est caché derrière les murs. C’est pourquoi faire appel à un professionnel expérimenté reste la meilleure garantie de sécurité et de pérennité pour votre rénovation électrique.
Raccordements spécialisés et mise en service
Lorsque tous les circuits sont en place, vient le temps des raccordements spécialisés : chauffe-eau, radiateurs électriques ou sèche-serviettes, plancher chauffant, VMC double flux, éventuels équipements connectés. Chacun de ces appareils dispose de prescriptions spécifiques du fabricant (section minimale, type de protection différentielle, mode de raccordement) que l’électricien respecte scrupuleusement. Le chauffe-eau, par exemple, est généralement alimenté par un circuit dédié en 2,5 ou 4 mm², protégé par un disjoncteur 20 ou 25 A et un dispositif de commande heure creuse si nécessaire.
Le sèche-serviettes électrique est raccordé sur un circuit spécialisé ou partagé en fonction de sa puissance et de la conception globale de l’installation. Les modèles récents intègrent souvent un programmateur ou une interface connectée, ce qui nécessite un câblage propre et une bonne organisation au niveau de la boîte d’encastrement. Quant à la VMC, elle est reliée à son circuit d’alimentation et à son éventuelle commande (simple interrupteur, sélecteur de vitesses, commande d’humidité), en veillant au respect des polarités.
La mise en service intervient ensuite, après une dernière vérification visuelle de l’ensemble des raccordements. L’électricien réarme le disjoncteur de branchement, puis met sous tension progressivement les différents circuits en surveillant le comportement des interrupteurs différentiels 30 mA et des disjoncteurs divisionnaires. Il teste l’éclairage, les prises, les commandes de VMC, la chauffe du sèche-serviettes, et ajuste au besoin certains réglages (programmes horaires, thermostats, variateurs).
Cette phase de mise en service est également l’occasion pour vous de prendre en main votre nouvelle installation : emplacement des commandes, fonctionnement des appareillages, repérage des protections au tableau. Un professionnel sérieux prendra le temps de vous expliquer les points essentiels, comme la procédure à suivre en cas de déclenchement d’un différentiel ou l’importance de ne jamais intervenir sous tension.
Tests de conformité et certification consuel
Pour clore la rénovation des circuits d’électricité de votre salle de bains, des tests de conformité sont réalisés afin de s’assurer que l’installation respecte en tous points la norme NF C 15-100. Ils portent notamment sur la continuité des conducteurs de protection, la résistance de la prise de terre, le fonctionnement des dispositifs différentiels 30 mA, l’isolement des circuits et la correspondance entre les repérages du tableau et les lignes réelles. Ces mesures se font à l’aide d’appareils de test professionnels et donnent lieu, si besoin, à quelques corrections finales.
Dans le cadre d’une création d’installation ou d’une rénovation lourde nécessitant une attestation, l’intervention du Consuel (Comité National pour la Sécurité des Usagers de l’Électricité) peut être requise. Cet organisme indépendant vérifie la conformité des travaux et délivre un certificat sans lequel certains raccordements (notamment en cas de mise en service initiale) ne sont pas possibles. Le passage du Consuel est souvent perçu comme une contrainte, mais il constitue en réalité une garantie supplémentaire de sécurité pour les occupants.
Une fois ces tests et éventuelles démarches administratives achevés, vous disposez d’une salle de bains dont les circuits électriques sont entièrement refaits, conformes aux dernières exigences réglementaires et dimensionnés pour accueillir vos équipements actuels et futurs. Vous pouvez alors profiter pleinement de votre espace d’eau, en toute sérénité, en sachant que l’eau et l’électricité cohabitent dans les meilleures conditions possibles.